mercredi 3 septembre 2014

XXII. un portrait abandonné



Je ne sais pas qui est cet homme - le saura-t-on jamais ? Par contre je me souviens très précisément du moment où je tombe sur ce portrait.

C'était il y a de cela trois ou quatre ans. Je rentrais du travail. Je remontais de la gare par la rue Ferrer. J'ai bifurqué dans la rue César Depaepe, au gré de mon inspiration. Le portrait était là, posé contre une porte de garage, parmi des bouts de bois et quelques encombrants.

Je me souviens très exactement de mon état d'esprit à ce moment. La joie simple d'avoir dégotté ce que je m'imagine être, intrinsèquement, un petit trésor. Et la légèreté de poursuivre mon chemin, le cadre sous le bras.

Aujourd'hui, la réception et la gestion du Fonds d'Archives framerisoises rend les choses différentes. La joie simple a laissé la place à la responsabilité face à la nécessité de protéger le patrimoine, le conserver, et le soumettre à la curiosité et à la culture des citoyens.

Entre ces deux deux états d'esprit, si peu de temps: trois ou quatre ans. Découvrir le monde du document d'archive et, à travers lui l'histoire de son milieu, c'est une construction personnelle, une sorte de quête sans fin jalonnée de merveilles. Bref: en trois années je suis passé d'amateur de foot à joueur expérimenté (sans les sous, bien sûr).